Bonjour, je suis le Dr Hidenori Shimada de la clinique Grand Green Osaka Umekita Clinic à Osaka, au Japon.
Notre système immunitaire est un réseau de défense sophistiqué qui nous protège en permanence contre les menaces, y compris les cellules anormales qui pourraient devenir cancéreuses. Ce mécanisme de protection, appelé immunosurveillance, est essentiel au maintien de notre santé. Cependant, certaines cellules cancéreuses développent des stratégies pour échapper à cette surveillance, un phénomène connu sous le nom d’évasion immunitaire du cancer. Cet article explore ce mécanisme complexe et explique comment des approches comme la thérapie par cellules NK (Natural Killer) visent à soutenir et restaurer la capacité du corps à se défendre.
Qu’est-ce que l’immunosurveillance et pourquoi échoue-t-elle parfois ?
Chaque jour, dans notre corps, des cellules peuvent subir des mutations susceptibles de les transformer en cellules cancéreuses. Dans la plupart des cas, le système immunitaire, et en particulier les cellules NK et les lymphocytes T, les détecte et les élimine avant qu’elles ne puissent former une tumeur. C’est le principe de l’immunosurveillance. Cependant, le cancer est une maladie évolutive. Pour survivre et se développer, les cellules cancéreuses peuvent acquérir la capacité de se dissimuler ou de neutraliser les attaques immunitaires. Lorsque cette évasion réussit, la tumeur peut croître et se propager. Comprendre comment le cancer échappe au système immunitaire est une étape cruciale pour développer des stratégies thérapeutiques plus ciblées.
Les stratégies des cellules cancéreuses pour échapper au système immunitaire
L’évasion immunitaire n’est pas un mécanisme unique, mais plutôt un ensemble de tactiques que les cellules cancéreuses peuvent employer. Ces stratégies leur permettent de devenir invisibles aux yeux des cellules immunitaires ou de désactiver leurs fonctions offensives. Voici quelques-uns des mécanismes les plus étudiés :
- Se cacher des lymphocytes T : Les cellules saines présentent des fragments de protéines (antigènes) à leur surface via des molécules appelées CMH de classe I, agissant comme une carte d’identité. Les lymphocytes T patrouillent et vérifient ces cartes. Certaines cellules cancéreuses réduisent ou perdent l’expression de ces molécules CMH pour ne pas être reconnues et détruites.
- Activer les “freins” du système immunitaire : Le système immunitaire possède des points de contrôle (checkpoints) pour éviter les réactions excessives. Des cellules cancéreuses peuvent exprimer des protéines comme le PD-L1 à leur surface, qui se lient aux récepteurs PD-1 des lymphocytes T, leur envoyant un signal d’arrêt et inactivant ainsi la réponse immunitaire.
- Créer un microenvironnement tumoral immunosuppresseur : La tumeur elle-même peut sécréter des substances qui suppriment l’activité des cellules immunitaires environnantes. Elle peut également attirer des cellules régulatrices qui freinent la réponse immunitaire locale, créant une sorte de bouclier protecteur.
- Induire l’épuisement des cellules immunitaires : Une exposition prolongée aux antigènes tumoraux peut conduire à un état d’épuisement (exhaustion) des cellules immunitaires comme les cellules NK et les lymphocytes T, réduisant leur capacité à combattre efficacement la tumeur.
Thérapie par cellules NK : une approche pour contrer l’évasion immunitaire
Face à ces stratégies d’évasion, comment peut-on aider le système immunitaire à reprendre le dessus ? La thérapie par cellules NK est une approche d’immunothérapie cellulaire qui se concentre sur le renforcement d’une des premières lignes de défense du corps. Les cellules NK ont une capacité unique : elles peuvent reconnaître et tuer des cellules anormales qui ont justement perdu leur “carte d’identité” CMH, une tactique courante d’évasion du cancer. Elles n’ont pas besoin d’une activation préalable comme les lymphocytes T, ce qui leur permet d’agir rapidement.
Le principe de la thérapie par cellules NK consiste à prélever les propres cellules NK d’un patient par une simple prise de sang. Ces cellules sont ensuite activées et multipliées en grand nombre dans un centre de culture spécialisé, avant d’être réinjectées dans l’organisme du patient par perfusion. L’objectif est d’augmenter significativement le nombre de cellules NK actives et fonctionnelles dans le corps, afin de renforcer la capacité de l’immunosurveillance à détecter et à attaquer les cellules cancéreuses qui tentent de se cacher.
Ce qu’il faut savoir avant d’envisager cette thérapie
La thérapie par cellules NK est une option thérapeutique qui suscite de l’intérêt, mais il est essentiel d’aborder cette démarche avec une information claire et complète. Voici quelques points importants à considérer :
- Consultation médicale indispensable : L’adéquation de cette thérapie dépend de nombreux facteurs, tels que le type de cancer, le stade de la maladie et l’état de santé général du patient. Seul un médecin peut évaluer si cette approche est appropriée pour votre situation spécifique.
- Statut du traitement : Au Japon, la thérapie par cellules NK est proposée en tant que traitement non couvert par l’assurance maladie (soin en pratique avancée). Elle est encadrée par la loi japonaise sur la sécurité de la médecine régénérative.
- Association avec les traitements standards : Cette thérapie n’est pas destinée à remplacer les traitements standards contre le cancer comme la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie. Elle est souvent envisagée en complément, pour soutenir la fonction immunitaire.
- Risques et effets secondaires potentiels : Comme elle utilise les propres cellules du patient, le risque de réactions de rejet est généralement considéré comme faible. Cependant, des effets secondaires comme une fièvre temporaire ou de la fatigue peuvent survenir. Une discussion approfondie avec votre médecin sur les bénéfices et les risques attendus est primordiale.
Conclusion : Renforcer l’immunité, une stratégie à explorer
L’évasion immunitaire du cancer est un défi majeur dans le traitement de la maladie. Les cellules cancéreuses emploient des stratégies sophistiquées pour déjouer le système de surveillance naturel du corps. Des approches comme la thérapie par cellules NK visent à restaurer cette fonction immunitaire en augmentant le nombre et l’activité des cellules tueuses naturelles, l’une des forces de frappe de notre immunité innée. Cette thérapie représente une voie explorée pour aider le corps à mieux se défendre.
À la Grand Green Osaka Umekita Clinic, nous proposons des consultations pour discuter des options d’immunothérapie cellulaire, y compris la thérapie par cellules NK. Nos spécialistes peuvent vous fournir des informations détaillées et personnalisées en fonction de votre situation. Pour en savoir plus sur la procédure, les coûts potentiels, les risques et pour déterminer si cette approche pourrait être pertinente pour vous, nous vous invitons à consulter notre page d’information ou à prendre rendez-vous pour une consultation.
Pour en savoir plus sur la thérapie par cellules NK, veuillez consulter notre page dédiée.- Le cancer échappe à l'immunitéIl se cache ou désactive les défenses immunitaires
- Les cellules NK attaquent le cancerElles reconnaissent même les cellules qui se cachent
- Processus de la thérapieCulture et administration de vos propres cellules NK
- Points à discuter avec le médecinThérapie complémentaire aux traitements standards
Ce schéma est une illustration conceptuelle qui résume le contenu du texte
Références
- PubMed: Mitochondrial transfer from immune to tumor cells enables lymph node metastasis. (2026)
- PubMed: NK cell exhaustion in the tumor microenvironment. (2023)
- PubMed: Immune suppressive landscape in the human esophageal squamous cell carcinoma microenvironment. (2020)
- PubMed: Subclonal immune evasion in non-small cell lung cancer. (2025)
- PubMed: Platelet-mediated circulating tumor cell evasion from natural killer cell killing through immune checkpoint CD155-TIGIT. (2025)
- PMC: Cancer-derived extracellular vesicles in natural killer cell immune evasion: Molecular mechanisms and therapeutic insights. (2025)
- PMC: Natural killer cells: the immune frontline against circulating tumor cells. (2025)
- PMC: Natural killer cells at the interface of tumor immune escape and immunotherapy resistance in endometrial cancer. (2026)
- MHLW (Japon): Médecine régénérative — Ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, Japon
Médecin superviseur
Directeur, Corporation médicale Shimada Clinic
Responsable de la pratique clinique, Grand Green Osaka Umekita Clinic
Hidenori Shimada
Diplômé de la faculté de médecine de l’université de Tokushima en 2005. Après son internat, il a obtenu la certification médicale américaine (ECFMG) et a suivi une formation en tant que sous-interne en chirurgie générale à l’université de Washington. Après avoir terminé son programme de doctorat à l’école supérieure de médecine de l’université de Kyoto et travaillé comme chercheur au Centre de recherche et d’application des cellules iPS (CiRA) de l’université de Kyoto, il a fondé la clinique Shimada en 2013. À la clinique Grand Green Osaka Umekita Clinic (https://umekitaclinic.org), il s’occupe d’un large éventail de soins, de la médecine interne et de la pédiatrie à la thérapie cellulaire et à la médecine esthétique.
* La supervision médicale de cet article ne porte que sur son contenu académique et ne constitue pas une recommandation pour un traitement ou un produit spécifique.