Bonjour, je suis le Dr Hidenori Shimada de la clinique Grand Green Osaka Umekita Clinic à Osaka, au Japon.
Lorsque l’on s’informe sur la médecine régénérative au Japon, un terme revient sans cesse : « autologue ». Il désigne un traitement dans lequel les cellules utilisées proviennent de la personne elle-même. Cet article explique ce que cela signifie concrètement, pourquoi cette approche suscite l’intérêt, et quelles sont ses limites, afin de vous aider à préparer votre consultation avec un médecin.
Que signifie « autologue » en thérapie cellulaire ?
Le mot « autologue » indique que le donneur et le receveur sont la même personne. Dans la thérapie par cellules souches dérivées du tissu adipeux proposée par Grand Green Osaka Umekita Clinic, une très petite quantité de tissu adipeux est prélevée sous anesthésie locale, par une petite incision. Les cellules souches mésenchymateuses qu’il contient sont ensuite mises en culture et multipliées dans un établissement spécialisé, puis réinjectées au patient par perfusion intraveineuse.
On l’oppose aux approches dites allogéniques, où les cellules proviennent d’un autre donneur. Le traitement décrit ici repose exclusivement sur vos propres cellules, ce qui en fait une option thérapeutique à connaître lorsque l’on explore la médecine régénérative.
Pourquoi le tissu adipeux est-il utilisé comme source de cellules ?
Les cellules souches mésenchymateuses sont des cellules souches somatiques présentes notamment dans la moelle osseuse et le tissu adipeux. Elles peuvent se différencier en plusieurs types de cellules, par exemple des cellules adipeuses, osseuses ou cartilagineuses, et il a été rapporté qu’elles sécrètent des substances anti-inflammatoires et des facteurs de croissance qui pourraient contribuer à la réparation de tissus endommagés.
Le prélèvement dans la moelle osseuse représente une contrainte importante pour l’organisme. Le tissu adipeux, lui, est généralement considéré comme contenant davantage de cellules souches mésenchymateuses et peut être prélevé plus simplement : quelques fragments de la taille d’un grain de riz suffisent. C’est l’une des raisons pour lesquelles cette source est étudiée avec attention dans le monde entier.
Quels intérêts attend-on d’une approche autologue ?
L’intérêt principal est que les cellules réinjectées sont les vôtres. Sur le plan théorique, cela peut limiter certaines questions liées à la compatibilité entre un donneur et un receveur. Pour de nombreux patients, il y a aussi une dimension de confort psychologique : le traitement s’appuie sur les ressources de leur propre organisme plutôt que sur un produit issu d’un tiers.
Il faut toutefois rester prudent. Utiliser ses propres cellules n’élimine pas tous les risques : le prélèvement, la culture et la perfusion comportent chacun des étapes qui doivent être encadrées, et des effets indésirables restent possibles. Aucune approche, autologue ou non, ne permet de promettre un résultat précis ; la réponse varie d’une personne à l’autre.
Quelles sont les limites à connaître ?
Première limite : le délai. Comme les cellules doivent être cultivées et multipliées avant la perfusion, le traitement ne se fait pas en une seule journée. Il faut prévoir un temps d’attente entre le prélèvement et l’administration, ce qui compte particulièrement pour les patients qui voyagent depuis l’étranger.
Deuxième limite : la variabilité. Les cellules d’une personne reflètent en partie son état de santé et son âge, et la recherche clinique sur les cellules souches mésenchymateuses est encore en cours de développement. Les données publiées, notamment dans des bases de données comme PubMed, doivent être interprétées avec nuance : une étude isolée ne suffit pas à établir une indication pour tous les patients.
Troisième limite : ce traitement ne remplace pas les soins conventionnels. Il ne doit pas être présenté comme une alternative aux traitements standards, et la décision de l’envisager relève d’une discussion avec un médecin qui connaît votre dossier.
Un cadre réglementaire et un traitement hors assurance
Au Japon, la médecine régénérative est encadrée par la loi sur la sécurité des soins de médecine régénérative. Les établissements qui proposent ce type de traitement doivent suivre les procédures prévues par ce cadre, notamment pour la préparation et le contrôle des cellules cultivées.
Il s’agit d’un traitement en médecine libre, c’est-à-dire non couvert par l’assurance maladie japonaise. Les frais, les risques, les effets indésirables possibles et l’indication éventuelle dans votre situation ne peuvent être précisés que lors d’une consultation médicale. Méfiez-vous de toute information qui présente un résultat comme acquis ou qui omet ces éléments.
Quelles questions poser avant de vous décider ?
Une bonne préparation vous aide à tirer le meilleur parti de votre rendez-vous. Voici quelques points utiles à aborder :
- Mon état de santé permet-il d’envisager un prélèvement de tissu adipeux et une perfusion ?
- Quelles sont les étapes, les délais et le nombre de séjours ou de visites à prévoir ?
- Quels sont les risques et les effets indésirables possibles, et comment sont-ils pris en charge ?
- Comment les cellules sont-elles cultivées et contrôlées avant d’être administrées ?
- Quel suivi est possible une fois rentré dans mon pays ?
N’hésitez pas à apporter vos comptes rendus médicaux et la liste de vos traitements en cours. Votre médecin habituel peut aussi être associé à la réflexion.
Consulter à Osaka (Umeda) en tant que patient international
Grand Green Osaka Umekita Clinic, située à Osaka dans le quartier d’Umeda, propose une page d’information destinée aux patients internationaux, avec un contenu disponible en plusieurs langues, dont le français. Elle permet de se familiariser avec le déroulement du traitement, les tarifs et les questions fréquentes avant de prendre contact.
Pour résumer : un traitement autologue utilise vos propres cellules, ce qui est son principal intérêt, mais il comporte des limites, des délais et des risques qui doivent être discutés. Seul un médecin, après examen de votre situation, peut vous dire si cette option est adaptée à votre cas. Nous vous encourageons à consulter les informations de la clinique, à préparer vos questions et à prendre le temps de la réflexion.
- Vos propres cellulesPrélèvement de tissu adipeux
- Culture et multiplicationAvant la perfusion
- Limites et risquesÀ discuter avec le médecin
- Avis du médecinMédecine libre, hors assurance
Ce schéma est une illustration conceptuelle qui résume le contenu de l'article
Références
- PubMed: Stem Cell Therapies in Clinical Trials: Progress and Challenges. (2015)
- PubMed: Mesenchymal Stem/Stromal Cells Therapy for Metabolic Syndrome: Potential Clinical Application? (2023)
- PubMed: Comprehensive Evidence-Based Guidelines for Regenerative Therapies in the Management of Chronic Low Back Pain: 2025 Update from the American Society Of Interventional Pain Physicians (ASIPP). (2025)
- PubMed: Safety and efficacy of autologous adipose tissue-derived stem cell transplantation in aging-related low-grade inflammation patients: a single-group, open-label, phase I clinical trial. (2024)
- PubMed: Using adipose-derived mesenchymal stem cells to fight the metabolic complications of obesity: Where do we stand? (2022)
- PMC: Corneal Regeneration Using Adipose-Derived Mesenchymal Stem Cells. (2022)
- PMC: Efficacy of Human Adipose Derived Mesenchymal Stem Cells in Promoting Skin Wound Healing. (2022)
- PMC: A review of adipose-derived mesenchymal stem cells' impacts and challenges: metabolic regulation, tumor modulation, immunomodulation, regenerative medicine and genetic engineering therapies. (2025)
- MHLW (Japon): Médecine régénérative — Ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, Japon
Médecin superviseur
Directeur, Corporation médicale Shimada Clinic
Responsable de la pratique clinique, Grand Green Osaka Umekita Clinic
Hidenori Shimada
Diplômé de la faculté de médecine de l’université de Tokushima en 2005. Après son internat, il a obtenu la certification médicale américaine (ECFMG) et a suivi une formation en tant que sous-interne en chirurgie générale à l’université de Washington. Après avoir terminé son programme de doctorat à l’école supérieure de médecine de l’université de Kyoto et travaillé comme chercheur au Centre de recherche et d’application des cellules iPS (CiRA) de l’université de Kyoto, il a fondé la clinique Shimada en 2013. À la clinique Grand Green Osaka Umekita Clinic (https://umekitaclinic.org), il s’occupe d’un large éventail de soins, de la médecine interne et de la pédiatrie à la thérapie cellulaire et à la médecine esthétique.
* La supervision médicale de cet article ne porte que sur son contenu académique et ne constitue pas une recommandation pour un traitement ou un produit spécifique.